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 n 1981,
Yvonne Guégan rend
visite à une amie internée au Bon-Sauveur de Caen.
Elle est alors confrontée à un monde tellement tragique,
que de retour dans son atelier, pour se libérer, elle dessine
les portraits et les attitudes de ceux qui ont perdu pied.
 n 2005, le Centre
Hospitalier Spécialisé de Caen, en pleine
mutation, souhaitant monter un projet sur la mémoire des
lieux, fait appel à Tristan Jeanne-Valès.
L’idée même de photographier cet endroit “interdit”,
lourd d’histoires l’a tout
de suite intéressé.
Scrutant les murs du Bon-Sauveur, il y a
trouvé des initiales et des dates, des dessins, des visages,
des cris, des griffures et des entailles, des mots, des sexes, des noms...
ces images gardent leurs secrets, leur épaisseur, leur beauté
parfois... et leur anonymat. Des générations de patients ont
laissé ces traces. Chacune porte en elle son fantôme,
malade, grinçant.
Ce travail a fait l’objet
d’une édition (“Mémoires closes”
Éditions du bout du monde 2006) et d’une exposition à
l’IMEC/Abbaye d’Ardenne.
 es personnages dessinés par
Yvonne Guégan
sont peut-être les auteurs des traces photographiées par
Tristan Jeanne-Valès. Qui sait ?
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